Ascension historique : Caldwell et Vanhee conquièrent la Torre del Paine en 24 heures

Instructions

Tommy Caldwell et Siebe Vanhee, deux alpinistes de renommée mondiale, ont réalisé une performance d'exception en gravissant la voie Sud-Africaine de la Torre Centrale del Paine, au Chili, en moins de 24 heures. Cette ascension en libre, sur un mur de 1200 mètres réputé pour sa difficulté et les conditions météorologiques capricieuses de la Patagonie, est un véritable exploit. Après plusieurs tentatives infructueuses marquées par des tempêtes et des difficultés techniques, la cordée a finalement atteint le sommet le 14 février, établissant un nouveau jalon dans l'histoire de l'escalade. Leur réussite témoigne d'une préparation minutieuse, d'une expérience considérable et d'une détermination sans faille face à l'un des plus grands défis de la planète.

Cette performance remarquable, saluée comme le SAIAD (South-African-In-A-Day) en référence aux exploits du Yosemite, souligne l'extraordinaire résistance et la compétence de Caldwell et Vanhee. Leur ascension n'est que la troisième en libre de cette voie mythique, confirmant son statut de défi ultime. Les grimpeurs ont dû faire face à des longueurs exigeantes, des fissures larges et glacées, ainsi qu'à un vent incessant. La descente, souvent plus périlleuse que l'ascension elle-même, s'est déroulée dans des conditions météorologiques dégradées, ajoutant une dimension dramatique à leur réussite. Cet événement restera gravé dans les annales de l'alpinisme comme un témoignage de ce que l'esprit humain peut accomplir.

L'Odyssée de Vingt-Quatre Heures sur la Torre Centrale del Paine

Le 14 février, Tommy Caldwell et Siebe Vanhee ont réalisé un exploit monumental en accomplissant l'ascension en libre de la voie Sud-Africaine de la Torre Centrale del Paine, au Chili, en un temps record de moins de vingt-quatre heures. Cette prouesse, sur un bigwall de 1200 mètres réputé pour son extrême difficulté et les conditions météorologiques imprévisibles de la Patagonie, marque un jalon historique dans le monde de l'escalade. La voie, avec ses trente longueurs jusqu'à 7b+ et ses fissures larges, n'avait été gravie en libre qu'en 2009 par une autre cordée légendaire, qui avait nécessité treize jours d'efforts. Le défi posé par la Torre del Paine est immense, combinant des cotations élevées, des protections délicates et une météo souvent dantesque, rendant toute tentative d'ascension en libre particulièrement improbable, et encore plus en un laps de temps si court.

Le duo, fort de son expérience combinée à El Capitan pour Caldwell et aux Torres del Paine pour Vanhee, a débuté son ascension décisive à 3h20 du matin le 13 février. Après deux tentatives précédentes interrompues par des tempêtes et des conditions défavorables, la troisième a été la bonne. Les grimpeurs ont dû affronter des dalles glissantes, des fissures glacées et un vent glacial qui engourdissait les doigts, rendant les chances de réussite "incroyablement minces". Ils ont progressé par blocs, s'appuyant sur leur connaissance des deux tiers inférieurs de la voie. La section la plus redoutable fut une fissure off-width de 60 mètres à partir du 15e relais, où Vanhee a mis une heure et dix minutes pour en venir à bout, suivi par Caldwell en vingt minutes. L'atteinte du sommet à 3h20 du matin, dans l'obscurité la plus complète et avec des réserves d'eau épuisées, fut un moment iréel de triomphe. La descente, marquée par des vents violents et des chutes de neige intermittentes, a ajouté à l'intensité de l'expérience, mais la cordée est finalement revenue au camp de base le 14 février, accomplissant un pari considéré comme l'une des plus grandes performances d'escalade de ces dernières années.

Une Performance Historique et l'Esprit de Cordée

La réussite de Tommy Caldwell et Siebe Vanhee sur la Torre Centrale del Paine est désormais gravée dans les annales comme une performance historique, étant seulement la troisième ascension en libre de la voie Sud-Africaine. Cet exploit a donné naissance au "SAIAD" (South-African-In-A-Day), une reconnaissance à l'instar du célèbre NIAD (Nose-In-A-Day) du Yosemite. Caldwell et Vanhee ont insisté sur une ascension entièrement en libre, où chaque membre de la cordée, même en second, a grimpé sans aide artificielle. Bien que les cotations de la voie Sud-Africaine puissent sembler plus abordables que celles de "Freerider" sur El Capitan, la comparaison s'arrête là. La voie de la Torre Centrale, ouverte entre 1973 et 1974, est une succession de dièdres et de fissures qui deviennent de plus en plus larges à mesure que l'on approche du sommet, posant des défis techniques et physiques uniques, aggravés par les conditions extrêmes de la Patagonie.

Au-delà des difficultés techniques, l'esprit de cordée a été un facteur déterminant de leur succès. Siebe Vanhee a souligné l'incroyable force et la persévérance de Tommy Caldwell, qui, malgré les échecs précédents, a toujours maintenu une attitude positive et optimiste. Caldwell, selon Vanhee, a été le moteur de cette troisième tentative, prouvant non seulement ses compétences en escalade, mais aussi son intelligence et sa capacité à analyser les situations complexes. La descente s'est avérée être la partie la plus difficile de l'expédition, avec l'absence de portaledges et de cordes fixes, rendant les grimpeurs particulièrement vulnérables. La mauvaise visibilité, le brouillard épais et les cordes qui se coinçaient ont transformé cette étape en un véritable cauchemar. Cependant, grâce à leur cohésion et à leur résilience, ils ont surmonté ces obstacles, réaffirmant l'importance cruciale de la collaboration et de la confiance mutuelle dans les ascensions extrêmes.

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