L'approche des élections municipales de 2026 en France révèle une tension palpable autour de la place du cyclisme dans les politiques locales. Paradoxalement, tandis que la pratique du vélo a connu un essor remarquable de 37 % depuis 2019 et que 68 % des Français souhaitent un renforcement des investissements cyclables, la réalité budgétaire et législative semble s'orienter dans une direction opposée. Les fonds dédiés au Plan Vélo national ont été drastiquement réduits, passant de 400 millions d'euros par an à seulement 31 millions pour 2026, menaçant ainsi 400 projets d'aménagement cyclable et entraînant la suppression d'aides comme le bonus vélo à l'achat.
Parallèlement, les avancées en matière d'infrastructures cyclables dans certaines villes montrent un bilan mitigé. Des métropoles comme Grenoble, Strasbourg et Rennes ont réalisé des progrès notables, avec des augmentations significatives de l'usage du vélo et des classements améliorés dans le baromètre des villes cyclables. Lyon, malgré les controverses, a également vu une hausse de 58 % de l'utilisation du vélo. Cependant, la note moyenne nationale reste "médiocre", et des villes comme Marseille accusent un retard important. Les débats pré-municipaux révèlent des résistances à ces transformations, avec des arguments "anti-vélo" souvent basés sur des craintes d'embouteillages ou d'impact sur le commerce local, des arguments que de nombreuses études tendent à réfuter, soulignant plutôt les bénéfices économiques et sociaux du vélo.
Face à ces défis, les associations cyclistes se mobilisent et formulent des demandes claires aux candidats municipaux, insistant sur la nécessité de politiques ambitieuses pour la sécurité des cyclistes, le développement de réseaux express vélo continus et sécurisés, et une meilleure intégration du vélo dans les transports en commun. Le vélo n'est pas un simple loisir, mais une solution concrète aux problèmes de santé publique liés à la pollution de l'air et à la sédentarité, une réponse au dérèglement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, et un levier pour le pouvoir d'achat des ménages. En ville, il offre une gestion plus équitable de l'espace public et une accessibilité accrue aux services essentiels. Ces élections seront donc un moment clé pour déterminer l'orientation future de la politique cyclable en France, un choix qui reflétera la vision des candidats pour un avenir plus sain, plus durable et plus équitable pour tous les citoyens.
Chaque décision prise aujourd'hui façonne le monde de demain. En tant que citoyens, notre engagement est d'interroger, d'analyser et de voter pour les leaders qui portent une vision progressiste et réaliste, capable de transformer nos villes en des espaces plus résilientes et agréables à vivre. Le vélo incarne une partie de cette réponse, symbolisant la volonté d'un avenir où la mobilité douce n'est plus une option, mais une pierre angulaire de notre développement sociétal et environnemental. C'est en cultivant une conscience collective et en agissant à notre échelle que nous pourrons encourager l'innovation et le progrès pour le bien de tous.