Stratégies essentielles pour prévenir le cancer colorectal

Instructions

Le cancer colorectal est une problématique de santé publique majeure, étant l'un des cancers les plus fréquents et mortels en France. Chaque année, il touche un nombre considérable de personnes et est à l'origine de milliers de décès. Une détection précoce est fondamentale, car les chances de guérison atteignent 90% lorsque la maladie est identifiée à un stade initial. Cette prévention repose sur l'évitement des facteurs de risque connus et la participation active aux programmes de dépistage. Le Dr Olivier Spatzierer, expert en gastro-entérologie, met en lumière l'importance cruciale de ces mesures préventives.

La maladie peut évoluer de manière insidieuse, sans signes évidents pendant une longue période, ce qui rend le dépistage d'autant plus vital. Les symptômes varient en fonction de la localisation et de la taille de la tumeur. Les tumeurs situées dans le côlon droit sont souvent plus discrètes, tandis que celles du côlon gauche peuvent entraîner des changements plus précoces du transit intestinal et la présence de sang dans les selles. La compréhension de ces distinctions est essentielle pour un diagnostic et une intervention rapide. De plus, un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, joue un rôle déterminant dans la réduction du risque de développement de cette pathologie.

L'importance du dépistage et des examens réguliers

Le cancer colorectal peut rester asymptomatique pendant plusieurs années, une réalité qui accentue la nécessité d'un dépistage précoce. Lorsque la détection survient à un stade initial, les chances de rémission atteignent 90%. Les manifestations cliniques de la maladie peuvent varier considérablement en fonction de l'emplacement et de la taille de la tumeur. Par exemple, les lésions dans le côlon droit tendent à être plus silencieuses, ne provoquant des symptômes qu'à un stade avancé, souvent sous forme d'anémie due à des saignements occultes. En revanche, les tumeurs du côlon gauche, en raison du diamètre plus réduit de cette partie de l'intestin, peuvent entraîner des perturbations du transit intestinal et des saignements visibles plus tôt. D'autres indicateurs moins spécifiques incluent des douleurs abdominales persistantes et des troubles digestifs. À un stade ultérieur, une perte de poids inexpliquée et une fatigue chronique peuvent être observées.

Le processus de dépistage du cancer colorectal a été systématisé en France depuis le début des années 2000 afin d'accroître les taux de guérison. Le test immunologique fécal (FIT) est recommandé tous les deux ans pour les personnes âgées de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptômes ni facteurs de risque élevés. Ce test vise à détecter la présence de sang invisible à l'œil nu dans les selles, signalant potentiellement des polypes ou des lésions. En cas de résultat positif ou de symptômes digestifs évocateurs, une coloscopie est nécessaire pour une évaluation approfondie. Pour les individus ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal ou personnels de polypes, une surveillance par coloscopie est instaurée plus tôt et à une fréquence adaptée à leur niveau de risque. La régularité de ces examens est cruciale pour identifier et traiter les anomalies avant qu'elles ne deviennent malignes ou ne progressent. Le Dr Spatzierer insiste sur le fait que le test FIT n'est pas adapté en présence de symptômes clairs, où une coloscopie directe est préférable pour une visualisation immédiate du côlon et un diagnostic précis.

Prévention par le mode de vie et l'alimentation

Au-delà du dépistage, une hygiène de vie saine et une alimentation équilibrée constituent des piliers fondamentaux dans la prévention du cancer colorectal. La sédentarité, l'augmentation de l'obésité et la consommation excessive d'aliments ultratransformés ont contribué à une hausse de la prévalence de cette maladie au cours des dernières décennies. Maintenir un poids stable, pratiquer régulièrement une activité physique et réduire l'apport en malbouffe sont des mesures préventives essentielles. Une consommation abondante de fruits, légumes frais et aliments riches en fibres, tels que les céréales complètes, les fruits à coque et les graines, favorise un transit intestinal régulier et limite la formation de polypes, souvent précurseurs de la maladie. En revanche, une consommation élevée de viandes rouges et de charcuteries, ainsi qu'un excès de graisses saturées, peuvent accroître le risque de lésions précancéreuses.

La modération de la consommation d'alcool et l'abstinence tabagique sont également des facteurs préventifs importants. De plus, il est prouvé que ne pas retenir l'envie d'aller à la selle contribue à la bonne santé du côlon. Une rétention excessive peut perturber le transit, entraînant constipation, fissures et hémorroïdes, et créer un environnement irritant pour la muqueuse colique. Lorsque des substances potentiellement toxiques, comme les additifs ou les perturbateurs endocriniens, sont ingérées et se retrouvent dans les selles, une constipation prolongée augmente leur contact avec les muqueuses, accentuant le risque d'absorption par l'organisme. L'Institut américain de recherche sur le cancer estime que près de la moitié des cas de cancer colorectal pourraient être évités chaque année par l'adoption de modes de vie plus sains et une alimentation équilibrée, soulignant le pouvoir préventif des choix quotidiens.

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